Le RC Strasbourg, club emblématique du football français, se trouve aujourd’hui au cœur d’une tempête médiatique et morale. Le départ imminent de Liam Rosenior, entraîneur prometteur recruté récemment par Chelsea, illustre à lui seul les tensions nées de la multipropriété exercée par le groupe BlueCo. Un système où le club alsacien ne serait plus qu’une étape dans un schéma d’affaires mené par des intérêts privés et éloigné des valeurs traditionnelles du football. Christophe Dugarry, champion du monde 1998, s’en est violemment pris au président Marc Keller, regrettant l’adhésion à ce modèle qu’il dénonce comme déshumanisant, dévalorisant les clubs français en simples tremplins pour des puissances financières étrangères. Cette prise de position jette une lumière crue sur un football en mutation, parfois perçu comme mercantile et éloigné de ses racines populaires.
En 2026, la multiplication des clubs sous une même propriété inquiète un nombre croissant de supporters et d’experts. Strasbourg, sous l’égide de BlueCo, filiale du groupe détenteur de Chelsea, incarne cette nouvelle configuration du jeu où la gestion financière prime sur la performance sportive ou l’attachement local. De fait, les fans expriment un mécontentement palpable face à des choix stratégiques qui les éloignent de leur club, entre départs d’entraîneurs et joueurs-clés, gestion opaque et communication parfois décalée. La critique virulente de Dugarry contre Keller n’est pas qu’un simple coup de gueule mais reflète un débat plus large sur le devenir du football français dans un univers mondialisé où le football business règne en maître.
Les dérives de la multipropriété à Strasbourg : un modèle sous pression
La multipropriété, concept qui voit un même groupe ou une même entité détenir plusieurs clubs professionnels, bouleverse le paysage du football moderne. Strasbourg, aujourd’hui associé à Chelsea via BlueCo, est l’exemple parfait des tensions que ce modèle engendre. Historiquement, le club alsacien représentait un symbole local fort, avec des racines profondes, un engagement fort envers ses supporters et une autonomie sportive reconnue. Cette époque paraît désormais révolue.
Le passage sous la houlette de BlueCo, qui possède également Chelsea et d’autres clubs européens, entraîne une gestion centralisée où le Racing devient un club relais. Cette position de club satellite transforme Strasbourg en une base de développement ou de transit pour joueurs et entraîneurs, au détriment d’une construction sportive pérenne et d’une véritable identité locale. Le départ très probable de Liam Rosenior, devenu entraîneur de Chelsea, reflète cette logique. Ce transfert, prémices d’une hémorragie managériale et sportive, illustre comment les talents sont rapidement extraits du club pour alimenter l’institution principale, au mépris du projet sportif alsacien.
Les conséquences ne sont pas uniquement sportives. Les supporters expriment une frustration grandissante, nourrie par le sentiment de perte d’âme du club. Des banderoles hostiles ont été déployées récemment à la Meinau, ciblant notamment Marc Keller, président emblématique mais contesté, ainsi que certains joueurs jugés complices de ce système. Cette contestation rappelle que pour ces fans, le club reste avant tout une passion partagée, un lien social puissant qui ne saurait être sacrifié sur l’autel des affaires.
Pour mieux comprendre ces enjeux, voici un tableau détaillant les effets majeurs de la multipropriété à Strasbourg :
| ⚠️ Aspect | 🔍 Conséquences observées à Strasbourg |
|---|---|
| 👥 Gestion humaine | Désengagement des dirigeants locaux au profit de décisions centralisées, réduisant l’autonomie |
| ⚽ Identité sportive | Perte progressive d’identité, club perçu comme simple tremplin ou club satellite |
| 🎯 Projet à long terme | Absence de projet durable, focus sur des résultats et mouvements à court terme |
| 🎫 Relation supporters | Sentiment de trahison et éloignement des supporters traditionnels |
| 💰 Aspects financiers | Stabilité économique en apparence mais dépendance vis-à-vis d’intérêts externes |
Christophe Dugarry : une critique acerbe de la gestion et du football business
Christophe Dugarry ne mâche pas ses mots : il dénonce avec force ce qu’il considère être une dérive grave du football français où l’esprit des clubs est sacrifié sur l’autel du business. Ancien coéquipier de Marc Keller en équipe de France, il connaît bien le personnage et n’épargne pas sa critique :
- ⚡ Participation au football business : Dugarry reproche à Keller d’avoir accepté la domination du modèle multipropriété, qu’il considère comme une soumission à un système qu’il « méprise profondément ».
- 🚩 Dévalorisation des clubs français : selon lui, les clubs comme Strasbourg deviennent des « clubs de seconde zone », simples étapes pour des clubs élites comme Chelsea.
- ❌ Absence d’ambitions réelles : il accuse les dirigeants d’abandonner des projets authentiques, vendant des illusions aux supporters qui déchantent rapidement.
- 💔 Fin de l’amour du maillot : ce sentiment d’appartenance, cette passion, est devenue secondaire dans cette logique mercantile.
Sur RMC Sport, Dugarry a ainsi résumé son ressentiment : « Je ne sais pas si un jour on pourra faire marche arrière, mais ce football business fait que nos clubs sont devenus des clubs de seconde zone, passages obligés pour les clubs élites. Nous vivons une époque où les joueurs et entraîneurs prometteurs sont vite débauchés, privant les supporters de moments d’attachement et d’émotion durables. » Cette analyse sonne comme un avertissement pour l’avenir du football hexagonal.
Dans ce contexte, la critique ne vise pas uniquement Strasbourg mais aussi d’autres clubs français sous multipropriété, notamment Nice et Bordeaux, dont le passé récent a été fragilisé par des choix similaires. Dugarry souligne que même des clubs historiques comme Lyon ont failli subir ces mêmes dérives. Cette situation pose donc une question essentielle : quel avenir pour le football français si la priorité reste la rentabilité à court terme plutôt que la construction d’équipes compétitives et attachantes ?
Multipropriété et gestion : un modèle qui fragilise les clubs locaux
La gestion des clubs par un même groupe a ses avantages financiers, avec des synergies commerciales et des échanges facilitant joueurs et staff technique entre différentes équipes. Pourtant, ce système montre des limites, notamment en termes de gouvernance locale et d’identité. Strasbourg illustre parfaitement ces failles.
En effet, la centralisation des décisions au sein de BlueCo a complexifié l’organisation interne. Les priorités stratégiques s’alignent désormais sur des objectifs globaux, parfois éloignés des spécificités sportives et culturelles du club. Cette évolution entretient une insatisfaction croissante chez les supporters et nuit à la construction d’une dynamique positive.
La gestion financière est également au centre des critiques. Si le club semble stabilisé monétairement grâce à ses liens avec Chelsea, cette sécurité financière masque une dépendance vis-à-vis d’intérêts étrangers qui peuvent décider de tout, du personnel au plateau sportif, sans forcément tenir compte des réalités du terrain. Dans ce contexte, une gestion à court terme prime, où le développement durable, la formation locale ou la cohésion sont relégués à l’arrière-plan.
Voici une synthèse des problématiques récurrentes liées à ce type de gestion :
- 🎭 Perte d’autonomie locale : les dirigeants du club n’ont souvent qu’un pouvoir réduit face aux décisions prises à l’étranger.
- ❓ Manque de transparence : la communication autour des choix stratégiques et des transferts est parfois floue, alimentant la défiance.
- 🙅 Éloignement des valeurs : les fondations historiques et culturelles du club s’effritent, générant une rupture avec les bases populaires.
- ⏳ Instabilité sportive : départs rapides d’entraîneurs et de joueurs, absence d’un projet de jeu cohérent sur plusieurs saisons.
Cette situation a des impacts tangibles notamment en termes de fréquentation au stade, d’image du club et d’attractivité, tant auprès des joueurs que des sponsors. Strasbourg doit donc repenser sa gouvernance s’il souhaite retrouver une relation authentique avec ses fervents supporters et gagner en stabilité sportive.
Les supporters strasbourgeois face à la crise : colère et revendications
Les fans du Racing Club de Strasbourg se montrent de plus en plus vocaux dans leur opposition à la multipropriété. Le départ de Liam Rosenior symbolise à leurs yeux le théâtre d’une gestion qui ne respecte ni leur passion ni l’histoire du club. Le ras-le-bol est palpable dans les tribunes de la Meinau où de nombreuses banderoles critiques, parfois acerbes, sont régulièrement déployées lors des matchs. Le message est clair : les supporters réclament un club qui leur ressemble, proche de ses racines et tourné vers l’avenir avec un projet sportif sérieux.
Cette contestation s’organise autour de plusieurs axes majeurs :
- 🚩 Démission de Marc Keller : certains groupes ultras considèrent que le président est trop complice du système multipropriété et ne protège plus les intérêts du club.
- 📢 Refus du modèle BlueCo : l’alliance avec Chelsea et la place subalterne de Strasbourg dans ce réseau multiplient les frustrations.
- 🛑 Appel à une gestion indépendante : les supporters souhaitent une gouvernance où les décisions sont prises localement avec une vision claire à long terme.
- 🎟️ Préservation de l’identité du club : importance accordée aux joueurs locaux, à la formation et au rôle social du club dans la région.
Les supporters ne se contentent plus d’être de simples consommateurs passifs mais revendiquent un véritable rôle dans la vie du club. Selon eux, l’amour du maillot ne peut survivre dans ce contexte mercantile où le football semble réduit à une affaire commerciale. Cette poussée militante contribue à un climat tendu mais peut aussi servir de levier pour une réforme en profondeur, qui remettrait Strasbourg sur des bases plus solides.
Plus encore, certains observateurs notent qu’un dialogue apaisé entre dirigeants et ultras est désormais indispensable pour éviter une fracture définitive. À défaut, le club risque de perdre son public le plus passionné, facteur crucial dans la création d’une atmosphère de défi et d’émulation au stade.
Perspectives pour Strasbourg : redéfinir un modèle dans un football en crise
Face à ces critiques sévères, Strasbourg doit envisager un repositionnement de sa gouvernance pour pérenniser son avenir. L’ère de la multipropriété impose une réflexion globale sur l’équilibre entre intérêts financiers, performance sportive et attachement populaire. Le cas strasbourgeois est révélateur des tensions entre modernité gestionnaire et authenticité sportive.
Plusieurs pistes peuvent être envisagées :
- 🔄 Revaloriser l’autonomie locale : retrouver un pouvoir décisionnel fort pour la direction strasbourgeoise afin de privilégier un projet sportif durable adapté aux réalités régionales.
- ⚖️ Rétablir la confiance avec les supporters : mise en place d’un dialogue régulier, transparence accrue sur les orientations sportives et économiques, et prise en compte des revendications.
- 🎯 Investir dans la formation : renforcer l’accueil et la promotion des jeunes talents locaux pour renouer avec les racines du club et la fidélité des fans.
- 💡 Construire un projet sportif stable : éviter la rotation trop rapide des entraîneurs et joueurs, en privilégiant un schéma de jeu cohérent sur plusieurs saisons.
- 🌍 Réfléchir à un modèle économique équilibré : diversifier les sources de revenus sans dépendre uniquement aux intérêts des propriétaires extérieurs.
Le nouveau visage du football français devra aussi intégrer la volonté d’un football plus humanisé, où l’amour du maillot reste une valeur fondamentale. Strasbourg, avec son histoire et son ancrage territorial, possède les atouts pour devenir ce modèle s’il parvient à concilier modernité et respect des traditions. Le combat engagé par Christophe Dugarry et la mobilisation populaire ne sont pas vains : ils sonnent comme un appel à repenser le football d’aujourd’hui, afin qu’il demeure un sport accessible, passionnel et rassembleur.
Qu’est-ce que la multipropriété dans le football ?
La multipropriété désigne la situation où une même entité ou groupe détient plusieurs clubs de football, souvent dans différents pays, permettant de mutualiser ressources et talents, mais soulevant des problèmes d’éthique et de compétitivité.
Pourquoi Christophe Dugarry critique-t-il Marc Keller et la multipropriété ?
Dugarry reproche à Keller d’avoir accepté et intégré un système de football business qui transforme Strasbourg en simple club relais pour Chelsea, sacrifiant les ambitions sportives et les liens avec les supporters.
Quel est l’impact de la multipropriété sur les supporters ?
Les supporters ressentent un éloignement accru du club, une perte d’identité et une gestion à distance qui ne prend pas suffisamment en compte leurs attentes et leur attachement affectif.
Comment Strasbourg peut-il retrouver la confiance de ses fans ?
En renforçant l’autonomie locale, en instaurant un dialogue transparent, en investissant dans la formation locale et en construisant un projet sportif stable et pérenne.
Le football business est-il irrémédiable ?
Bien que le football business soit profondément installé, des voix comme celle de Dugarry appellent à un rééquilibrage pour que le football reste un sport populaire et passionnel, où l’humain retrouve sa place.